Les lésions du cartilage articulaire du genou sont fréquentes,
posant un problème de santé publique croissant, et dont
les causes sont multiples. Le cartilage articulaire – différent
du cartilage méniscal – recouvre les extrémités
osseuses fémur et tibia, et permet à l’articulation
un glissement-roulement de bas friction, avec absorption des contraintes
appliquées à l’articulation.
La douleur de l’arthrose survient lorsque le cartilage articulaire
du genou perd sa forme et sa fonction, se déforme, s’amincit
ou disparaît, avec fibrillations et érosions, apparition
d’ostéophytes et remodelage osseux.
Le ‘complexe chimique’ cartilage articulaire renferme les
cellules chondrocytes synthétisant la
matrice. La matrice, avec
65-80 % d’eau, et non vascularisée ce qui ne facilite pas
la cicatrisation, est constituée d’agrégats de protéoglycanes
(PG) liés à l’acide hyaluronique, et de fibres collagènes
surtout de type II.
La compliance et l’élasticité du cartilage rendent
compte du rôle des protéoglycanes.
Lors de blessure et effraction de la matrice du cartilage, il s’ensuit
une baisse des PG, avec augmentation des divisions cellulaires des chondrocytes,
donc augmentation de la synthèse des PG, et réparation
de la lésion du cartilage.:
L’arthrose s’aggrave avec l’âge mais avec des
variations individuelles : le chondrocyte voit diminuer sa capacité de
restaurer la matrice : par diminution de synthèse de PG qui sont
plus petits et irréguliers.
Par ailleurs, plus les chondrocytes se divisent, conséquence de
la répétition des blessures du cartilage, plus vite elles
seront en sénescence, avec vieillissement cellulaire prématurée.
La chondropénie : il résulte de ce qui précède
que les traumatismes et lésions répétés,
l’utilisation articulaire excessive, accélèrent la
sénescence cellulaire (par augmentation des divisions des chondrocytes),
avec perte du volume du cartilage articulaire : c’est la chondropénie.
Alors que chez l’athlète de haut niveau soumis à un
entraînement non extrême, le cartilage est épais,
s’épaissit, avec une haute compliance et élasticité,
la répétition des blessures aiguës, des stress de
contact articulaire, des défects de cartilage, des lésions
méniscales et / ou du ligament croisé antérieur,
va entraîner une chondropénie, une perte de cartilage articulaire,
avec progressivement avec le temps, chez le sportif vieillissant, une évolution
vers l’arthrose du genou.
Ces effets se potentialisent avec l’âge, l’obésité,
le malalignement (varus-valgus) du genou et / ou de la rotule, la ménopause.
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La blessure du cartilage articulaire responsable
du défect
chondral peut être dû à un traumatisme de
type pivot et arrêt dur, réception sur une jambe
genou légèrement fléchi, ... voir Causes.
Les effets d’un tel type de traumatisme sur le cartilage
peuvent être
potentialisés par la présence concomittente d’une
rupture de ligament (ligament croisé antérieur
LCA le plus souvent), et / ou de ménisque, responsable
d’instabilité et
microtraumatismes répétés sur la surface
articulaire, de ralentissement des capacités de cicatrisation
du cartilage, d’aggravation du grade du défect (taille
et profondeur, voir Grade), et enfin d’ostéoarthrose. |
| Condyle Defect chondral III |
La frontière entre le défect chondral et arthrose du genou
est donc mouvante, dépendante de l’âge, du niveau
d’activité, de la présence d’un malalignement,
d’une obésité, d’une instabilité (LCA),
du capital méniscal, de la force musculaire : une bonne force
avec un bon ratio entre quadriceps et hamstrings (ischio-jambiers) absorbe
les contraintes appliquées sur l’articulation, et est favorable à la
prévention des traumatismes non-contacts de type pivot du genou
(LCA, ménisque et cartilage) : voir Prévention des Sport-Lésions
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