L’intervention est menée soit sous rachi-anesthésie,
soit sous anesthésie générale ; un bloc
crural de contrôle de la douleur post-opératoire
est souvent associé.
Auparavant, des radiographies grands axes des deux membres inférieurs
ou téléradiographie sont réalisées pour mesurer le
chiffre de la déviation axiale du membre en varus ou valgus, en mesurant
l’angle entre les axes mécaniques du fémur et du tibia ;
on mesure de plus l’angle alpha entre l’axe mécanique et l’axe
diaphysaire du fémur.
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La succession et l’ordre
des coupes osseuses sont résumés
par les dessins suivants :
1 Incision , Exploration, Equilibre Ligamentaire
Elle est droite ou légèrement incurvé en contournant
la rotule, et para-patellaire médiale, ou parfois latérale
dans les valgus évolués et fixés, commençant à 3-4
travers de doigts au-dessus de la rotule , jusqu’à la tubérosité tibiale.
L’arthrotomie est faite par incision du rétinaculum, capsule
et synoviale, prolongée en haut par la section musculaire entre
droit antérieur et vaste interne, et en bas par la libération
du tendon rotulien, section et résection du tissu graisseux sous-rotulien
et de la synoviale hypertrophique, retournement et luxation externe de
la rotule, associée à la flexion du genou à 90°.
Un release sous-périosté (libération
par décollement) prudent est réalisé au niveau capsulaire
et sous-ligamentaire, surtout du côté de la déformation,
pour l’équilibre ligamentaire et la réaxation du
genou
Les ostéophytes fémoraux
,tibiaux, de l’échancrure et sous les ligaments latéraux
sont réséqués ; ces derniers en particuliers ceux habituels
présents profondément sous les ligaments latéraux, en position
postérieure de la corticale articulaire tibiale, sont mieux réséqués
après la coupe tibiale première.
Dans les déformations en valgus, une latéral release de la rotule
est nécessaire,
- certains chirurgiens l’utilisent systématiquement – avec
release du ligament latéral externe (ou collatéral latéral).
L’exploration des ligaments croisés va
décider du choix du plateau tibial, sans conservation des croisés,
ou avec conservation du ligament croisé postérieure ; l’insert
ou ménisque est mobile (notre préférence), avec équilibre
de la tension ligamentaire dans toutes les amplitudes de flexion.
2 Résection Tibiale Première
Contrôle de l’alignement
varus- valgus et sagittal
Un système
de visée extra-médullaire est fixé entre le
centre du genou matérialisé approximativement par
le centre des épines tibiales (à l’aplomb du ‘croisement’ des
croisés), et le centre de la cheville matérialisé par
la partie latérale du tendon du jambier antérieur,
préalablement repérée au marqueur stérile.
Cette visée matérialise par une tige, l’axe
mécanique du tibia, lui étant parallèle de
profil.
Cette visée centrale permet de contrôler
la coupe tibiale dans l’alignement varus-valgus et le plan sagittal :
la coupe tibiale doit être perpendiculaire à l’axe mécanique
et avoir une pente postérieure anatomique (environ 5°, favorisant
une meilleure flexion).
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Hauteur de coupe
La hauteur de coupe est déterminée
par un stylet placé sur le gabarit de coupe tibial lui-même
fixé sur la tige extra-médullaire, le stylet est
placé sur le plateau tibial le plus usé, autorisant
une coupe à la scie oscillante de 0 ou surtout 2 mm au-dessous
de l’usure arthrosique.
La coupe tibiale emporte soit tout le plateau
tibial si on opte pour le sacrifice du croisé postérieure, soit
les deux plateaux interne et externe, en laissant et en aménageant un
bloc osseux tibial postéro-central correspondant à l’insertion
du ligament croisé postérieur.
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Contrôle de l’alignement et de la stabilité ligamentaire
Le release
ligamentaire est alors plus facile à compléter, surtout
dans les déformations en varus ou valgus évoluées
et fixées. On place à ce stade un spacer tibial d’épaisseur
correspondant à la hauteur de coupe (en général
10 mm minimal), placé sur la coupe tibiale ; ce
spacer permet de vérifier la bonne tension ligamentaire et
donc sa stabilité en flexion-extension : une trop grande
tension malgré le release nécessite une recoupe osseuse
d’un ou deux mm (ou plus) supplémentaires, une instabilité est
réduite en augmentant l’épaisseur du spacer.
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Le spacer permet
aussi de contrôler, en
y fixant une tige d’axe, l’alignement varus-valgus,
la tige devant être dans l’alignement du jambier antérieur
et du deuxième orteil : dans le cas contraire une correction
(recoupe)
de l’obliquité osseuse doit être réalisée.
La hauteur finale du spacer correspond à la taille de l’implant
tibial définitif. |
3 Coupes Fémorales Antérieure et Postérieure
Ces
coupes nécessitent de déterminer la rotation
fémorale anatomique dans le plan horizontal: une
malposition rotatoire de l’implant fémoral dans le
plan horizontal peut être responsable d’une instabilité rotulienne
: luxation rotulienne externe en cas de rotation interne de la
prothèse fémorale ; elle induit aussi une désaxation
de l’axe mécanique du membre inférieur lors
de la flexion, en valgus lors d’une malrotation interne,
ou en varus.
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Une
longue tige centro-médullaire est placée dans le canal fémoral,
au travers d’un trou réalisé à 3mm médial
de l’échancrure intercondylienne, à la partie
distale de la trochlée ; un gabarit
de coupe antéro-postérieur (AP) y est
fixé,
de taille choisie selon la taille du fémur, et plaqué contre
le fémur distal,
genou en flexion 90°. |
Le spacer
tibial est de nouveau utilisé, imprimant une rotation horizontale anatomique des
condyles genou à 90°, le cartilage des condyles postérieurs étant
habituellement présent ; dans le cas contraire, utiliser un
positionneur fémoral d’épaisseur équivalente à la
perte cartilagineuse pour retrouver l’interligne articulaire
virtuelle.
Un positionneur correspondant à l’épaisseur du condyle postérieure
prothétique est placé en force entre la partie postérieure
du gabarit de coupe AP et le spacer tibial, imprimant une rotation naturelle
et anatomique de ce gabarit . La tension ligamentaire doit être alors parfaite
en flexion 90°, l’axe mécanique tibiale, matérialisé par
la tige d’axe, étant conservé et perpendiculaire à ce
gabarit. |
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La rotation
fémorale horizontale de l’implant est
ainsi déterminée, et la coupe AP peut ainsi être
réalisée à la scie oscillante sans obliquité et
sans risque de malposition rotatoire horizontale de l’implant
fémoral.
Au préalable, la taille du gabarit de coupe AP a été vérifiée,
en s’assurant que la coupe antérieure fémorale, au niveau
de la trochlée, est en continuité avec la corticale antérieure
diaphysaire fémorale.
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4 Contrôle de la ‘Flexion
Gap’
La
flexion gap est un terme anglais désignant l’espace
vide en flexion 90° entre la coupe tibiale et la coupe des
condyles postérieurs. La
hauteur de cette flexion gap doit être identique à celle
de l’extension gap, pour assurer une tension et un équilibre
ligamentaire uniformes au cours des mouvements de l’extension à la
flexion.
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On met en place un bloc de spacer
entre le tibia et les condyles postérieurs
en flexion 90°, correspondant aux épaisseurs des implants tibia,
condyles postérieurs et composant articulaire (insert polyéthylène
10mm).
L’équilibre et la tension ligamentaire doivent être identiques
entre les deux compartiments interne et externe. Un complément de release
ligamentaire peut s’avérer nécessaire si un compartiment
est trop tendu en flexion. A l’inverse, la persistance d’une laxité fera
augmenter l’épaisseur du bloc de spacer jusqu’à obtention
de la bonne stabilité ligamentaire.
Ce spacer permet aussi de contrôler, en y fixant une tige externe de
vérification de l’axe mécanique du genou, le bon
alignement des coupes dans le plan frontal du varus-valgus, et dans le plan sagittal.
L’épaisseur finale et choisie du bloc de spacer sera identique à l’extension
gap et à l’épaisseur des implants prothétiques définitifs.
5 Coupe Fémorale Distale
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La coupe
fémorale distale doit être perpendiculaire à l’axe
mécanique du fémur, et donc
respecter le valgus naturel de la métaphyse fémorale
inférieure. Le bloc de coupe distal est fixé sur
la tige intra-médullaire fémorale, agencé de
façon à avoir avec celle-ci, un angle équivalent à l’angle
alpha entre l’axe anatomique diaphysaire fémorale
- matérialisé par la tige intra-médullaire – et
l’axe mécanique du fémur, calculé en
pré-opératoire sur les clichés radiographiques
grands axes.
Ainsi agencé, le bloc de coupe reste perpendiculaire à l’axe
mécanique du fémur. De plus, il doit être
placé à une distance équivalente à l’épaisseur
du bloc de spacer mis en place lors du contrôle de
la flexion gap.
De plus, l’orientation de
la coupe distale fémorale dans le plan sagittal est parallèle à la
coupe tibiale, et à sa pente postérieure.
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Contrôle de l’extension
gap
La coupe distale pratiquée, le bloc de spacer est mis
en place genou en extension, et l’on vérifie :
- la stabilité ligamentaire et la bonne tension ligamentaire des deux
compartiments, et donc l’égalité de hauteur entre l’extension
gap et la flexion gap ;
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-
par l’intermédiaire
d’une tige externe fixée sur le bloc de spacer, le
bon alignement frontal du membre inférieur ;
- le parallélisme entre la coupe tibiale et la coupe fémorale
distale. |
6 Préparation Fémorale et Tibiale
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Selon le type de
prothèse implantée,
cette préparation est la ‘finition’ des surfaces
osseuses, destinées à recevoir les implants prothétiques
définitifs.
Au niveau du fémur, on réalise les chanfreins antérieurs
et postérieurs, ainsi que les trous d’ancrage recevant les plots
condyliens interne et externe. |
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Au
niveau du tibia, à l’aide
d’un gabarit de taille adaptée
de telle façon que le plateau tibial recouvre sa surface osseuse et s’applique
sur sa corticale, on réalise le ou les trous de fixation recevant le ou
les plots du plateau tibial, habituellement une quille triangulaire central et
unique, bien adaptée pour sa résistance aux contraintes frontales
et de rotation.
On place ensuite les prothèses d’essai, et après réduction,
on vérifie la stabilité du genou, son axe normal, et la mobilité articulaire
normale. La course rotulienne doit rester normale, centrale : en cas de luxation,
une section large de l’aileron externe (lateral release) peut être
nécessaire. |
7 Préparation de la Rotule
La
mise en place d’une prothèse rotulienne n’est
pas systématique, beaucoup de chirurgiens préférant
pratiquer une plastie de recouvrement simple.
La coupe osseuse à la scie oscillante se fait parallèle au tendon
quadricipital, à son niveau, réséquant autour de huit mm,
laissant au moins quinze mm d’épaisseur rotulienne. On réalise
les trous d’ancrage recevant les plots de la prothèse rotulienne.
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8 Mise en Place des Composants
de la Prothèse
Dans
notre expérience, sauf nécessité, les prothèses
de genou sont habituellement implantées sans ciment, la
fixation se faisant par impaction et repousse osseuse au travers
du traitement de la surface d’ancrage des implants : rugosité,
maillage métallique et hydroxyapatite de calcium.
Le plateau tibial de taille adaptée est mis en place, par impaction, parallèle à la
surface de coupe tibiale dans les plans frontal et sagittal, en veillant à introduire
et à maintenir la quille centrale dans le prolongement de l’axe
mécanique tibiale et éviter son obliquité ;
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le
plateau tibial doit uniformément reposer sur sa surface osseuse et s’appuyer
en
périphérie sur la corticale. |
On met en place l’insert de polyéthylène ou ménisque,
fixe ou surtout mobile.
L’implant
condylien est ensuite impacté sur sa surface osseuse fémorale,
en veillant lors de son introduction, au parallélisme entre
coupes et surface d’ancrage, et éviter la malrotation
surtout en flexum ; le contact os-prothèse doit être
uniforme.
Mise en place non systématique de la prothèse
rotulienne, le plus souvent cimentée, ou non cimentée,
de plusieurs types : bouton polyéthylène simple à cimenter
; bouton fixe ou mobile avec embase métallique non cimentée.
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9 Fin d’Intervention et Soins Post-Opératoires
On met en place un drainage aspiratif, puis suture musculaire aux fils
résorbables et/ou non résorbables, puis suture cutanée
et pansements. Une infiltration d’anesthésiants des tissus
et de la synoviale pour contrôle de la douleur post-opératoire
est habituelle, en plus des autres méthodes de contrôle
par bloc crural, et antalgiques par perfusion intra-veineuse.
Une attelle de genou et de repos est placée pour environ huit jours.
Protocole de soins : anti-inflammatoires et antalgiques, glace, antibiotiques
per-opératoire et poursuivis deux jours ; anticoagulants.
La rééducation est commencée dès le lendemain de
l’intervention, l’appui complet est autorisé, avec déambulateur
ou cannes conservés jusqu’à l’ablation des points à la
troisième semaine post-opératoire.
10 Contrôle Radiographique
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